Mon locataire ne paie plus son loyer : que faire, et dans quel ordre ?

Le loyer n’est pas arrivé à la date prévue, puis le mois suivant non plus. Pour un propriétaire, la tentation est forte de réagir vite et fort. C’est pourtant l’ordre des démarches, plus que leur vigueur, qui détermine l’issue. Voici les réponses aux questions qui se posent dans les premières semaines.

Faut-il réagir dès le premier retard ?

Oui, mais sans précipitation. Un loyer manquant peut venir d’une erreur bancaire, d’un décalage dans le versement d’une aide au logement ou d’une difficulté passagère. La première étape consiste à vérifier : relire le bail, contrôler les versements reçus, puis contacter le locataire par un moyen qui laisse une trace. Un dialogue ouvert tôt débouche souvent sur un échéancier écrit, plus efficace qu’une procédure menée jusqu’au bout.

Que faire si la dette s’installe ?

Il faut alors suivre un ordre précis :

  • établir un décompte mois par mois : loyer, charges, sommes reçues, solde ;
  • déclarer l’impayé à l’assurance loyers impayés, ou prévenir la caution, dans les délais prévus par le contrat ;
  • envoyer une mise en demeure écrite, avec un délai de régularisation ;
  • faire délivrer un commandement de payer par un commissaire de justice ;
  • si la dette persiste à l’expiration du délai, saisir le juge ;
  • faire exécuter la décision obtenue.
  • Chaque étape et les pièges à éviter sont détaillés dans que faire dès le premier loyer impayé.

    Que change le commandement de payer ?

    Le bail d’habitation contient une clause de résiliation de plein droit pour défaut de paiement du loyer ou des charges. Cette clause ne produit effet que six semaines après un commandement de payer resté sans effet ; pour certains baux anciens, le délai peut encore être de deux mois. Le commandement doit contenir des mentions précises, dont le décompte de la dette et la possibilité pour le locataire de saisir le fonds de solidarité pour le logement de son département. Lorsqu’une caution s’est engagée, il doit lui être signifié dans les quinze jours, faute de quoi elle ne peut être tenue des pénalités ni des intérêts de retard. Le fonctionnement de cet acte est expliqué dans le commandement de payer et ses six semaines.

    Et si le locataire ne paie toujours pas ?

    Le propriétaire assigne alors son locataire devant le juge pour faire constater la résiliation du bail. L’assignation doit être notifiée au préfet au moins six semaines avant l’audience. Le juge peut accorder au locataire des délais de paiement, dans la limite de trois ans, s’il est en mesure de régler sa dette et a repris le paiement intégral du loyer courant avant l’audience. Si le bail est résilié et que l’occupant ne part pas, l’expulsion ne peut en principe intervenir que deux mois après le commandement de quitter les lieux, et elle est suspendue pendant la trêve hivernale, du 1er novembre au 31 mars, sauf relogement des occupants.

    Que ne faut-il jamais faire ?

    Certaines réactions transforment un créancier légitime en fautif. Le propriétaire ne doit ni couper l’eau ou l’électricité, ni changer les serrures, ni entrer dans le logement sans l’accord du locataire. Ces pressions sont interdites : il faut un titre exécutoire, en pratique une décision de justice, pour récupérer les lieux.

    Combien de temps faut-il compter ?

    Entre le premier impayé et la libération du logement, une procédure complète dure souvent plus d’un an. Agir dès les premières échéances manquées, garder chaque courrier et tenir un décompte précis reste le meilleur moyen de raccourcir ce délai.