Le changement commence par soi

Le changement commence par soi
Le changement commence par soi, une invitation à explorer notre propre potentiel. Cet article met en lumière l'importance de se concentrer sur ce que nous pouvons ajuster dans nos comportements pour améliorer nos relations. Découvrez comment une écoute attentive et une réflexion personnelle peuvent mener à des changements significatifs.

Le regard d’une thérapeute en relation d’aide des LaurentidesPour du soutien psychosocial en tout temps, le service Info-Social 811 est gratuit et confidentiel.

Quand une relation devient difficile, notre premier réflexe est de regarder ce que l’autre devrait faire autrement. Un conjoint devrait mieux écouter. Un adolescent devrait moins s’opposer. Un proche devrait comprendre ce qu’on essaie de lui dire.

Au fil de ma pratique, j’en suis venue à un constat : nous avons davantage de prise sur ce que nous pouvons ajuster chez nous que sur la transformation de quelqu’un d’autre. Cela ne veut pas dire que tout dépend de nous. Cela veut dire que le changement commence à l’endroit où une marge de manœuvre existe réellement.

Écouter ce qui est déjà là

Il arrive qu’une personne porte déjà une partie de ce dont elle a besoin pour avancer, sans parvenir à l’entendre au milieu de ce qu’elle traverse. Elle sait qu’une situation l’épuise, qu’un échange se répète, qu’une limite devient nécessaire. Mais tout se mélange : la fatigue, la culpabilité, les attentes des autres, la peur de se tromper.

Mon rôle n’est pas d’apporter une réponse toute faite. Il est d’offrir un espace où quelqu’un peut ralentir, mettre des mots sur ce qui se passe et regarder autrement ce qu’elle (la personne) vit.

Parfois, une personne croit manquer de patience et découvre surtout qu’elle manque de repos, de soutien ou de temps à elle. D’autres fois, la question posée en arrivant n’était pas celle qui préoccupait le plus. En explorant davantage on découvre ce qui est réellement l’obstacle au bien-être. Ce sont des clarifications qui apparaissent quand on peut enfin s’arrêter.

Le changement n’est pas une décision instantanée

On imagine volontiers le changement comme un déclic : une décision nette, suivie d’une nouvelle façon d’agir. Dans les faits, il ressemble plutôt à une série de petits ajustements.

Certains modèles relationnels se sont construits sur des années. Il n’est pas raisonnable d’attendre d’une conversation, d’une bonne résolution ou de deux rencontres qu’elles les transforment complètement..

Le mouvement n’est pas linéaire non plus. Une semaine difficile n’efface pas ce qui a été compris ou essayé auparavant et revenir à une ancienne réaction ne veut pas dire que tout est à recommencer.

Faire sa part sans porter celle de l’autre

L’enjeu le plus délicat, à mes yeux, consiste à distinguer ce qui dépend de soi de ce qui appartient à l’autre. On peut apprendre à exprimer une limite plus clairement, à écouter autrement, à modifier sa façon d’entrer dans un conflit. On ne peut pas obliger quelqu’un à reconnaître sa part, à communiquer différemment, ou à vouloir changer.

Se regarder soi-même ne signifie évidemment pas se rendre responsable du comportement d’une autre personne, ni accepter ce qui nous fait du tort. Dans certaines situations, prendre soin de soi passe justement par reconnaître qu’un comportement est inacceptable, chercher du soutien, ou mettre de la distance.

« Le changement commence par soi » ne veut donc pas dire « tout est de votre faute ». Ça veut dire : commençons par la partie sur laquelle vous avez réellement du pouvoir.

Écouter sans juger ne veut pas dire approuver

L’expression « écoute sans jugement » est tellement usée qu’elle ne veut plus dire grand-chose. Dans une rencontre, elle ne signifie pas que tout comportement devient acceptable, ni que toute interprétation est juste.

Elle signifie essayer de comprendre avant de conclure. Quand une personne raconte qu’elle a crié après son enfant, ou qu’elle a dit quelque chose qu’elle regrette, la question utile n’est pas de lui dire tout de suite si elle a bien ou mal agi. C’est de regarder ce qui s’est passé avant, ce qu’elle ressentait et ce qu’elle aurait voulu faire autrement.

Cela demande aussi d’accepter de ne pas tout comprendre immédiatement. Certaines contradictions s’éclairent quand la personne a le temps de revenir sur son expérience. Et un silence laisse parfois émerger quelque chose qui n’aurait pas trouvé sa place si on s’était dépêché de remplir la conversation.

Dire aussi ce que je ne fais pas

Je pratique la relation d’aide, pas la psychothérapie. Je ne pose pas de diagnostic et je ne traite pas de troubles. La relation d’aide offre un espace d’écoute, de réflexion et d’accompagnement, dans les limites de ce champ de pratique.

Quand une situation dépasse ce que je peux offrir, la responsabilité professionnelle consiste à le reconnaître et à orienter la personne vers la bonne ressource.

Là où commence le travail

On n’a pas besoin d’attendre qu’une situation devienne insupportable pour lui accorder de l’attention. Il n’existe pas de seuil à franchir pour avoir le droit de vouloir comprendre ce qu’on vit.

Le changement commence parfois simplement au moment où l’on accepte de regarder honnêtement ce qui dépend de nous – et ce qui n’en dépend pas. Ce premier regard ne règle rien à lui seul. Mais il ouvre un espace où autre chose devient possible.

À PROPOS DE L’AUTEURE

Sylvie St-Marseille est thérapeute en relation d’aide à Saint-Jérôme, dans les Laurentides. Elle accompagne des adultes, des couples et des parents dans une démarche de réflexion et de mieux-être relationnel. On peut découvrir le parcours et l’approche de Sylvie St-Marseille, thérapeute en relation d’aide.